Les nations celtes
Les Celtes, une partie de la m�moire de l'Europe.
Les manuels d'histoire avaient r�duit les Celtes � de gentils barbares �cras�s pour leur bien par les l�gions romaines. La r�alit� est diff�rente, ils ont �t� le peuple le plus puissant d'Europe, dont les territoires allaient de la Mer Noire � l'Irlande. Pr�curseurs de l'art non figuratif, ils ont �t� les premiers � travailler le fer, quand les grecs et les romains utilisaient encore le bronze. Ils ont mis au point tous les outils de base employ�s jusqu'� la m�canisation r�cente.
Des milliers de nos fleuves, de nos vall�es, de nos villes, ont gard� des noms celtiques � commencer par " Paris " que les romains avaient voulu appeler " Lut�ce ".
Tristan et Iseult, le Roi Arthur, Merlin, les Chevaliers de la Table Ronde, appartiennent toujours � l'imaginaire culturel d'une grande partie du monde.
" Halloween ", le nouvel an des celtes, �merge � nouveau et ces anc�tres inventifs, courageux et quelquefois ripailleurs, que l'on croyait �touff�s par l'histoire surgissent � nouveau dans notre m�moire.
Principauté autonome au nord-ouest de l’Espagne, avec une ouverture maritime de 320 Km entre la Galice et la cordillère Cantabrique, les Asturies comptent un peu plus d’un million d’habitants. Pays de vertes montagnes, on le dirait forgé de « la fureur quasi mystique de la mer Cantabrique et la sérénité magique de ses montages ». Ses fameux pics européens culminent à 2600 mètres.
Berceau du préroman asturien classé « patrimoine de l’humanité », Oviedo est la capitale de cette principauté. Elle est en train de se transformer après une longue période d’industrialisation minière. Gijon, dotée d’une ouverture portuaire, est la ville la plus peuplée.
L’asturien, langue romane, est connu de 60 % et parlé par 30 % de la population.
Depuis trente-cinq ans s’est développé un fort mouvement de réappropriation linguistique. L’asturien a ainsi sa place dans certains médias et 30 000 personnes l’étudient. Un centre de documentation de la musique traditionnelle est maintenant en place au Musée du Peuple des Asturies.
La Cornouailles, capitale Truro, est un comté de 400 000 habitants à la pointe sud-ouest de la Grande-Bretagne. Baignée par le Golf Stream, c’est la Riviera des Britannique. Du même rameau brittonique que le Breton et le Gallois, le Cornique est miraculé.
Disparu à la fin du XVIIIème, retrouvé grâce à des écrits du Moyen-âge, rebâti, il connaît un fort regain dans les cours du soir. Des nouveaux groupes participent au renouveau actuel de leur patrimoine musical.
À l’extrême nord de la Grande-Bretagne, l’Écosse évoque les Highlands, le bon whisky, le kilt (dont le dessin et la couleur désignent le clan), la cornemuse, les jeux aussi insolites que le lancer de tronc d’arbre, le rugby, le monstre du Loch Ness, le chardon, ou encore la croix de Saint-André …
L’Écosse, patrie de Sir Arthur Conan Doyle, c’est un peu tout cela en même temps, lié dans une identité forte et vertigineuse !
Tous ces éléments réunis, aussi hétérogènes puissent-ils paraître, se reflètent dans l’univers musical écossais que nous aurons l’occasion de (re)découvrir. Scotland (Royaume des Scots, en anglais), et Alba en gaélique, ce territoire qui peut apparaître austère aux premiers abords ; se révèle rapidement être une source intarissable de découvertes, d’aventures ; de rencontres avec une population, une histoire, un patrimoine, une identité riche ; dont la musique n’est que le meilleur ambassadeur.
L’Écosse s’offre volontiers à qui veut la découvrir.
Entre Edinburgh, Glasgow ou encore Aberdeen, les Écossais ont su cultiver un héritage à la fois précieux et lourd à porter en le renouvelant sans cesse. Aujourd’hui encore, à l’heure de l’Europe, réunis au sein de la dynamique Interceltique, c’est de nombreuses nouvelles perspectives qui se profilent à l’horizon.
Prête à rebondir, à saisir les occasions, l’Écosse est plus que jamais dans l’air du temps. Sa propre identité associée à l’interceltique et au potentiel d’ouverture, loin de présenter des contradictions sont assurément des signes de dynamisme, de créativité et d’un avenir prometteur…
Le gaélique connaît par exemple un net renouveau grâce à une volonté politique forte qui se traduit par l’ouverture d’écoles et de chaînes de radio et télévision en gaélique.
Le breton ou brezhoneg et le gallo ne sont pas des langues en état de léthargie, assistée pour survivre. Au contraire, la culture bretonne dans sa totalité connaît une existence ancrée en plein dans le présent et ouverte sur le futur. Le Festival Interceltique de Lorient et les festoù noz, entre autres, ont su maintenir la culture bretonne dans une actualité dynamique.
Par le passé l’Armorique a été peuplée par les tribus celtes qui ont laissé leurs noms à plusieurs cités (Vénètes à Vannes, Redones à Redon, Namnètes à Nantes …). Les Bretons de Grande-Bretagne chassés par les Angles et les Saxons viennent ensuite s’installer en Armorique en grand nombre et donnent un nom à leur nouveau pays. Ils apportent le catholicisme irlandais et forment des paroisses (plou), des ermitages (loc), des abbayes (lan), toujours présentes dans la toponymie bretonne.
Après avoir battu Charles le Chauve, la Bretagne assure son indépendance jusqu’au XVIème siècle et garde un Parlement jusqu’à la Révolution Française. Son nom breton, Breizh (sans article. Prononcer "brè-iz"), est orthographié avec « ZH » pour synthétiser l'ancienne écriture existant pour le Nord et l'Ouest (Breiz) avec celle du Sud (Breih). « Breizh » est couramment abrégé en BZH. En gallo, son nom est Bertaèyn.
Enfin, la Bretagne est caractérisée par des emblèmes. Son drapeau d’abord, le Gwenn ha Du « Blanc et Noir » ; le triskel (ou triskell), symbole à trois branches ancien et polysémantique (symbolisant probablement des triades divines, une roue solaire ou les éléments primaires : l'eau, l'air et la terre) ; Sa devise: Kentoc'h mervel eget bezañ saotret en breton « plutôt la mort que la souillure ».
Située au Nord Ouest de l’Espagne, entre le Portugal et les Asturies, la Galice est une province autonome de 3 millions d’habitants. Sa capitale est Saint-Jacques de Compostelle et les principales villes sont Vigo, La Corogne, Orense et Lugo.
La première ville galicienne est, dit-on, Buenos Aires. L’émigration fut très importante vers l’Argentine. Les Argentins surnomment ainsi les Espagnols : « les Galiciens ». Ondulée et verte, la Galice n’est pas sans rappeler la Bretagne, plus particulièrement dans sa zone côtière dont les rias (entre pêche, aquaculture et tourisme) évoquent ses abers et avens.
La langue celtique s’est perdue sous l’occupation romaine mais a laissé des traces dans certains noms de lieux. En revanche, la langue romane, assez proche du portugais, a survécu après un certain nombre d’avatars et de mouvements pour sa défense. Le Galicien est aujourd’hui, avec le Castillan, une langue officielle. Son étude est d’ailleurs obligatoire à tous les niveaux d’enseignement. Pour la Galice, isolée dans le « Finistère » espagnol, le chemin du fameux pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle constituait une première ouverture sur le monde.
Située en mer d’Irlande, l’île de Man sur ses 570 Kms compte 60 000 habitants, dont la moitié dans la station balnéaire Douglas. Ce paradis fiscal autonome a hérité des vikings du plus vieux parlement du monde.
Il fonctionne depuis plus de mille ans sur la colline de Tynwald. Le panorama pourrait rappeler l’Ecosse à travers ses routes tortueuses et ses paysages un peu plus doux. L’île de Man est célèbre pour ses courses de moto, ses chats sans queue, ses béliers à quatre cornes et son tram tiré par des chevaux.
La musique manxoise a été remise au goût du jour et développée par de jeunes groupes.
L’Irlande (Eire en Gaélique), à l’Ouest de l’archipel britannique, compte quatre millions et demi d’habitants, dont les trois quarts vivent dans le Sud, en République Indépendante (capitale Dublin), alors que dans le Nord, l’Ulster (capitale Belfast) fait partie du Royaume-Uni.
Les armes se sont tues en Ulster, laissant entrevoir une solution au long conflit qui oppose les communautés catholiques et protestantes. Désormais, bien connue pour l’originalité de ses paysages d’un vert typiquement irlandais et d’un style de vie préservé par l’insularité, l’Irlande tient une place à part dans le cœur des Celtes, qui fêtent la Saint Patrick comme leur patron symbolique. Île de tourbe et d’ajoncs, de « whiskeys », de pintes et de pubs, l’Irlande a défendu bec et ongle sa culture.
Le Gaélique est appris par un million de jeunes et il est parlé par 200 000 irlandais.
La musique est une seconde nature.
Situé à l’Ouest de la Grande-Bretagne, le Pays de Galles compte trois millions d’habitants. Il a perdu son Parlement au XVIème siècle, a été rattaché à l’Angleterre pendant 4 siècles et vient de récupérer son autonomie par voie de référendum. Il est maintenant administré par une « Assemblée Nationale ».
Cardiff (300 000 habitants) est la jeune capitale de ce pays qui a connu une forte prospérité à l’ère industrielle. Une richesse qui se reflète dans nombre de ses bâtiments.
Depuis plus de sept siècles, de somptueuses forteresses, dues aux Anglo-Normands, portent les stigmates de leurs luttes incessantes contre les Gallois. Le Pays de Galles possède un paysage exceptionnellement préservé dans trois parcs nationaux.
Le combat pour la survie de la langue galloise (du même rameau brittonique que le Breton) est activement mené. On peut faire toutes ses études en gallois, dont l’enseignement est obligatoire en primaire. Une chaîne de télévision est exclusivement galloisante et la BBC y est bilingue.
Les nations celtes " amies "
L’Australie, la plus grande île continent du monde, est située dans l’hémisphère sud entre l’océan Indien et l’océan Pacifique. Elle se compose d’une fédération d’Etats et de territoires dont la capitale est Canberra.
Ses 37 000 Kms de côtes et sa grande barrière de corail offrent des paysages exceptionnels. Des millions de visiteurs viennent les découvrir chaque année. Son histoire est d’ailleurs fascinante. Ses racines celtes sont étroitement liées à son passé de colonie pénitentiaire, mais elles ont depuis beaucoup évolué, jusqu'à avoir trouvé aujourd’hui une véritable identité dans ce qu’on appelle communément la musique du « Bush ».
Cette musique traditionnelle, qui a longtemps constitué le seul divertissement des détenus, et plus tard des pionniers, raconte l’histoire émouvante de ce peuple dont l’accent parfois très prononcé, n’est parfois pas sans rappeler les influences irlandaises.
Acadie
Cette première colonie française en Amérique fut établie dès 1604 sur le sol de ce qui est connu aujourd’hui comme le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et le Maine.
Après quelques hivers difficiles, la France choisit de concentrer ses efforts sur le développement du Canada (aujourd’hui le Québec) et l’Acadie devient définitivement britannique en 1713. Les Anglais expulsent les Acadiens de leurs terres à partir de 1755 ; c’est « le Grand Dérangement ». Certains se retrouvent éparpillés dans les colonies anglo-américaines, en Angleterre et en France alors que d’autres sont accueillis en Louisiane, alors espagnole, et deviendront par une mauvaise prononciation des anglophones des « cajuns ».
Pourtant les Acadiens et Acadiennes sont toujours nombreux à habiter les provinces du Canada atlantique et à contribuer à l’épanouissement de la langue française. On compte plus de 300 000 francophones dont plus des deux tiers habitent le Nouveau-Brunswick actuel, au nord et le long de la côte est. D’autres communautés se trouvent en Nouvelle-Ecosse, sur l’Île-du-Prince-Edouard, à Terre-Neuve-et-Labrador, au Québec et à Saint-Pierre et Miquelon. On estime aujourd’hui à trois millions les personnes de descendance acadienne à travers le monde.